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Quand et comment utiliser les LUTs ? La réponse en 10 questions

Avec les caméras numériques sont apparues des nouveaux termes et de nouveaux métiers. Ainsi on parle aujourd’hui de RAW, de Cmos, de black shading, de mégaoctet, de C.fast et de DIT. Parmi eux on trouve également la LUT, l’acronyme de look up table. Sony le traduit par table de recherche mais on peut aussi le traduire par table des looks (styles) applicables.

Ce sont des traitements de l’image pré-réglés pour chaque caméra. C’est en quelque sorte le positif du numérique, qui révèle l’image sous sa forme quasiment définitive. Chaque LUT donne son contraste, sa colorimétrie et son détail à partir d’une même image filmée.
C’est donc principalement sur l’esthétique de la photographie qu’elles jouent. Mais elles font aussi partie d’une méthodologie de travail qui commence avec la préparation d’un tournage et fini avec l’export définitif en post-production.

Voici 10 questions qui permettent de comprendre l’utilité des look up tables.

1. Pourquoi certaines caméras proposent une bibliothèque de LUTs tandis que d’autres n’en proposent pas ?

C’est en fonction d’un besoin de créativité que le recours à la LUT est nécessaire. Celui de faire une image sur-mesure et donc très qualitative et originale. On trouve donc le choix entre différentes LUTs sur les caméras cinéma professionnelles. Car le directeur de la photographie va, en fonction du projet sur lequel il intervient, se servir de tous les paramètres de l’image trouver celle qui convient.
Pour une vidéo à destination du web il n’est pas forcément nécessaire de faire cette recherche. C’est pourquoi les boitiers reflex et certaines caméras sont déjà calibrées afin que l’image soit exploitable directement. Ils ne proposent pas de LUTs mais applique directement un look, le plus célèbre de tous le REC. 709 qui correspond aux normes de la diffusion en télévision et sur internet.
Malgré cela il est possible de choisir un style d’image type : naturel, éclatant, noir et blanc. Ces styles et non looks sont en fait des étalonnages différents mais qui sont bien des variations du REC. 709.

2. Le RAW est-il obligatoire pour utiliser les LUTs ?

Non il n’est obligatoire d’enregistrer en RAW pour se servir des look up table. Il est vrai que pendant longtemps des caméras comme les Red MX et Dragon ne faisaient que du RAW mais depuis peu elles font aussi du ProRes. C’est le second format de compression de l’image qui est utilisé pour le appliquer une LUT. Les constructeurs comme Blackmagic, Sony ou Canon proposent une courbe « film », aussi appelé log, pour un enregistrement au format Apple. De préférence utilisez un codage assez lourd type ProRes HQ, 4444 ou XQ afin d’avoir le maximum d’informations et que la conversion de l’image soit optimale. Le format DNxHD est un format peu employé mais qui fonctionne pour filmer une image flat et la révéler en post-production.

3. Qui fait les look up tables ?

Ce sont les constructeurs des caméras qui créer leurs propres look. Chaque capteur étant différent, chacun a besoin d’un traitement spécial pour que les couleurs et contrastes soient optimisés. Toutes ont une 709 qui tend à faire correspondre l’image au standard de la diffusion. Néanmoins d’une marque à une autre, il y a des différences de teintes et de reproductions de l’échelle des gris.
D’autres LUTs sont souvent fournies, ainsi chez Arri il est possible de télécharger le Arri Look Library. Pour Red il y a différentes variation du Redcolor et du Redgamma.
Le net foisonne également de sociétés et d’étalonneurs fabricants des LUTs. Parmi les plus connus : Color grading central, Deluts, Juan Melara. Quelques looks pour les caméras Arri Alexa et Red Epic/Scarlet Weapon.

4. Est-ce qu’on peut modifier une LUT ?

Bien qu’une LUT s’approche de l’image finale voulue par le réalisateur et le directeur de la photographie il est très fréquent qu’il faille lui apporter des modifications. C’est lors de l’étalonnage (grading) que l’on fait ces modifications.
Mais il est également possible d’enregistrer ces changements et de les exporter pour les intégrer au menu caméra et ainsi avoir sur le plateau une image vraiment proche de celle qui sera exploitée. C’est généralement le DIT (Digital Imaging Technician) qui s’occupe de calibrer l’image sur le plateau de tournage.

5. A quel moment le chef-opérateur choisi sa LUT ?

Souvent très rapidement. Dans certains cas parce que la diffusion impose un espace colorimétrique (ITU REC. 709). Mais aussi pour le rôle esthétique du look sur l’image.
Dans les premiers choix du chef-op il y a celui de la caméra : numérique ou argentique. Si le numérique est choisi, le capteur est l’élément le plus important, celui qui l’encourage à choisir tel ou tel modèle. Et la LUT est un paramètre crucial du procesus de l’image, qui est en combinaison avec le capteur. En fonction de la fidélité des couleurs, de la finesse des contrastes, le chef-opérateur peut choisir le look d’une caméra plutôt que celui d’une autre.

6. Est-ce qu’une même LUT peut être compatible avec plusieurs caméras ?

Théoriquement c’est possible de mettre un look destiné à une Arri Alexa sur une image Canon. Néanmoins comme le traitement de l’image est spécifique au capteur, le résultat sera aléatoire. Il est fort probable que les couleurs changent littéralement et que certaines plages dynamiques deviennent illisibles.
Aussi dans le cadre d’une recherche sur une image fidèle, c’est inutile d’essayer n’importe quelles LUTs. Mais pour une image originale, certains résultats détonnants peuvent donner des idées voir même être utilisés en post-production.

7. La différence avec la CDL ?

Il existe beaucoup de LUTs, venant à la fois de constructeurs et d’étalonneurs. Ce qui crée des incompatibilités entre l’interprétation du code par une caméra ou par un logiciel d’étalonnage. Afin de normaliser l’emploi des looks entre les différents appareils, l’ASC (American Society of Cinematographers) a crée la CDL (Color Decision List). Donc des looks qui donnent le même résultat sur le plateau de tournage et dans la salle d’étalonnage.

8. Est-ce que si je tourne en RAW je suis obligé de mettre une LUT ?

Encore une fois il n’est théoriquement pas nécessaire de d’ajouter une LUT. L’image RAW (brut) a en réalité déjà subi des traitements pour être visionnée. C’est une image flat avec un contraste hyper doux, peu de saturation et donc molle (peu piqué). En soit l’image peut-être diffusée ainsi, pour donner une sensation de douceur, de fadeur ou de platitude. Mais il est également possible d’étalonner directement cette image en poussant les contrastes et les saturations pour obtenir une image plus conforme aux critères de diffusion. Bien souvent l’étalonneur fera alors un copier-coller de son traitement pour l’appliquer à d’autres rushs et par conséquent reprendre l’idée de la LUT.

Exemple de logiciels d’étalonnage : Baselight, Lustre et Blackmagic Da Vinci Resolve.



9. Est-ce qu’il faut un ordinateur puissant pour gérer une LUT ?

Ce ne sont pas les LUT qui pèsent lourds électroniquement parlant mais les fichiers vidéo sur lesquels on les applique. C’est ce qui peut justifier le choix du ProRes par rapport au RAW. Mais même un ProRes 4:2:2 10 bit sur une image 4K est déjà lourd. L’image du Panasonic GH5 pèse déjà 150 Mo/s par exemple. C’est donc fortement conseillé de s’équiper d’un ordinateur optimisé pour la gestion du flux vidéo.

10. Est-ce qu’une fois enregistré le look est définitif ?

Si vous tournez en RAW, non. Comme pour les réglages de la sensibilité ISO ou de la température de couleur, la LUT est enregistrée comme une metadata. Elle n’est donc pas définitivement collée au fichier et peut être changée en post production.
Si vous tournez en ProRes ou DNxHD avec une courbe LOG, la LUT s’ajoute en post-production. C’est donc possible de choisir entre plusieurs.
Par contre en DNxHD ou ProRes avec la LUT appliquée à l’enregistrement, elle devient définitive. On passe alors directement à l’étape du grading pour modifier l’image dans le détail.
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