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L’éclairage en audiovisuel : maîtriser la lumière du soleil

Alors que nous arrivons au solstice d’été, le moment est propice pour parler de la lumière du soleil. Effectivement l’astre va rester environ 16 heures dans le ciel et nous célèbrerons l’évènement par La fête de la Musique. Mais ce sera aussi la fête des tournages, en tout cas ceux qui veulent du soleil. Néanmoins […]
Alors que nous arrivons au solstice d’été, le moment est propice pour parler de la lumière du soleil. Effectivement l’astre va rester environ 16 heures dans le ciel et nous célèbrerons l’évènement par La fête de la Musique. Mais ce sera aussi la fête des tournages, en tout cas ceux qui veulent du soleil.

Néanmoins en éclairage, toutes les périodes d’ensoleillement, du lever au coucher, ne se valent pas. Aussi l’inclinaison, la puissance, la température de couleur ou la diffusion vont modifier la lumière et l’émotion qui l’accompagne. Et tous ces phénomènes naturels on sait aussi les reproduire avec les projecteurs.

Le beau soleil d’été

L’astre est haut, ou au zénith, bien visible sur un ciel azur dégagé. L’éclairement qu’il émet est puissant et met en valeur les zones d’un visage ou d’un paysage qu’il touche. D’autres parties se retrouvent à l’ombre. Celles-ci sont légèrement rattrapées par l’éclairement diffus et bleuté du ciel. La transition entre les deux zones étant bien nette.

Pour reproduire cette disposition lumineuse en studio de tournage, on peut utiliser un projecteur open face, c’est à dire avec un faisceau ponctuel, généralement puissant type HMI sur lequel on place une densité de CTO (correct to orange) et/ou de straw (paille) pour retrouver la bonne couleur de la lumière solaire autour de 5600 kelvins. Ensuite pour refaire le ciel il faut diffuser une source aussi étendue que possible et être au plus près possible des 7500K. Cette ambiance va décoller les ombres et les teinter à la manière du ciel.

Le nuage diffuseur naturel de la lumière du soleil

Par jour nuageux la lumière du soleil est légèrement masqué. Le nuage devient un diffuseur plus ou moins opaque. Le soleil perd alors de son intensité et sa température de couleur remonte « bleuit » vers 6000K. On garde un point chaud sur l’éclairage, c’est a dire une orientation de lumière. En fonction de l’étendue nuageuse, les ombres sont plus ou moins raccords en TC. La transition ombre/lumière est plus douce, avec une zone de transition appelée pénombre.

Cet effet s’obtient en ajoutant une diffusion devant le projecteur. Soit directement sur le volet soit un peu plus loin de la source sur un cadre. La lumière de remplissage (fill light) du ciel peut être refroidit « orangit » à 6500K pour simuler une étendue nuageuse.

L’ambiance sans ombre et sans contraste

Enfin par jour de mauvais temps on ne distingue plus le soleil ni son orientation. C’est comme si la lumière était uniformément émise sur tout le ciel nuageux. Les ombres disparaissent quasiment, on en distingue quelques unes sur le sol, sous les voitures par exemple. La température de couleur s’harmonise à 6000K.

Pour cette ambiance couverte, il faut soit faire rebondir la lumière du projecteur contre un plafond, du polystyrène ou une toile ultrabounce pour retrouver l’aspect étendu uniforme. C’est aussi possible de faire passer la lumière à travers d’une toile gridcloth, placée à l’horizontale sur un cadre.

Les différents états du ciel en fonction de la météo



La lumière chaude et orientée de l’heure magique pour une esthétique unique

Il y a 2 moments dans la journée où on peut profiter d’une lumière parfaite pour la photographie. A l’aube, lorsqu’il sort de sa tanière, le soleil est rouge pendant quelques instant avant de passer progressivement au orange/jaune. Son inclinaison basse sur l’horizon est propice pour donner du relief aux portraits comme aux paysages. En raison de la présence de la brume matinale ou du brouillard, sa lumière est souvent diffusée. La teinte du ciel peut être orangée, rosée ou bleutée et donner ces colorations aux ombres.

En studio, le soleil peut être remplacé par un projecteur tungsten devant lequel on place une légère diffusion et CTO/CTS pour un effet matinal. Pour les teintes du ciel, l’idéal est d’utiliser des panneaux LED type Arri Skypanel pour donner des touches de couleurs différentes ou se servir de gélatines devant des sources pour donner les colorations désirées.

Enfin le coucher de soleil est le second moment appelé l’heure magique par les chefs-opérateurs. Le disque solaire est plus net grâce à l’absence l’absence de brouillard. Il jette une lumière chaude pendait plusieurs minutes surtout en été, et devient même rouge quelques instants avant de disparaître.

De même que pour l’aube une grosse puissance tungsten 5kW ou 10kW avec un 1/4 de CTO et/ou de straw donne cet effet. Généralement on joue pour cette ambiance de l’orange à l’image avec des ombres noires denses voir des silhouettes en contre-jour.

Les moissons du ciel de Terrence Malic k, oscar de la meilleure photographie pour Néstor Almandros qui utilisa l’heure magique sur presque la totalité du film

 

La lumière du soleil se décline selon ces modèles. Certains scénarios appellent une prise de vue et une reproduction réaliste de ces conditions (voir notre article sur la photographie de la Palme d’Or 2018 : Une affaire de famille). Mais d’autres histoires appellent des éclairages surréalistes et il faut savoir jouer des codes pour les détourner et ainsi façonner un univers lumineux unique.

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