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Liberté et réalisme, la combinaison ultime du mélange animation et film

En ce moment se déroule le Festival international du film d’animation d’Annecy, théâtre de rencontres sur le Le Marché international du film d’animation (MIFA) et de remises de prix. Bien que média différent du film, la création d’image à partir d’un espace vide pose des questions similaires sur la narration. Et notamment où placer la […]
En ce moment se déroule le Festival international du film d’animation d’Annecy, théâtre de rencontres sur le Le Marché international du film d’animation (MIFA) et de remises de prix. Bien que média différent du film, la création d’image à partir d’un espace vide pose des questions similaires sur la narration. Et notamment où placer la caméra et comment orienter la lumière ?D’un autre côté ce monde sans frontière permet de créer des mouvements et des environnements irréels. Teintant les œuvres d’une originalité inaccessible en film. Malgré ces différences, les deux moyens de raconter une histoire ne sont pas antagonistes bien au contraire. Depuis plusieurs années, elles évoluent côte à côté chacune apportant sa qualité à l’autre.

Des forces de narrations différentes

En film le décor même s’il est fabriqué est réel, palpable. Un mur devient un obstacle au passage de la lumière et la caméra. C’est aussi un support sur lequel une ombre se dessine. Voici un exemple de rapport au réel, que le chef-opérateur doit intégrer pour façonner les images d’un métrage. A cela s’ajoute les lois de l’optique géométrique, la course du soleil, les reflets de surfaces. Autant d’éléments qui conditionnent son choix de placement, la texture de l’image et la vitesse d’exécution d’un plan.En animation ces obstacles n’existent plus. La grande liberté du mouvement et l’inexistence de réactions physiques changent la donne. Mais la capacité à recréer des décors et des mouvements réalistes est complexe. Et par conséquent le rapport à la réalité est d’emblée moins présent. Le spectateur est prêt à accepter des histoires ou des situations plus saugrenues en animation. Même pour une animation réaliste, la texture plus lisse qu’en film change l’interprétation de ce qu’on voit. Tandis qu’en film, le spectateur cherche une cohérence, une continuité, un rapport au réel qui lui permet d’accepter le scénario. Si ce travail n’est pas bien fait alors s’instaure chez lui une distance par rapport à l’oeuvre et il pourra avoir tendance à se focaliser sur le défaut au dépend du sujet.

Sur Blender la lumière et la la caméra se placent virtuellement.

Du film vers l’animation

Le chef-opérateur britannique Roger Deakins, récompensé récemment aux Oscars, Bafta et Golden Globes, pour Blade Runner 2049 a travaillé sur des films d’animations. Entre autre Wall•E, Dragons ou encore Rango.La présence d’un chef-opérateur sur un travail en animation est justifié pour 2 raisons. La première est son sens de la réalité. Pour qu’une œuvre trouve à maximum de réalisme dans la narration, il faut intégrer que certains angles ou mouvements de caméras seraient impossibles en prise de vue réelle, en raison d’un obstacle. Pour aller plus loin, il sait aussi quand un flare doit apparaitre, ou comment le flou bouge lors d’un changement de point. Intégrer ces éléments apporte le réalisme de narration.En même temps jouer des impossibilités est extrêmement intéressant. Le chef-opérateur peut s’en servir pour faire parler un autre sens, celui de ce que doit révéler l’image en se servant de toute la grammaire de la photographie : angle, format du cadre, mouvement, valeur du plan, contrastes, couleurs, définition. Cela sans être limité par la question de l’installation technique qu’un plan représente. Avec l’animation sa cinématographie est libre, ne reste que la façon dont le dessinateur veut révéler l’histoire.

Exemple de Flare type anamorphique dans Wall E.

De l’animation vers le film

Les techniques développées dans l’animation et leur capacité à donner des visuels de plus en plus réalistes, ont amené les réalisateurs de films à utiliser de plus en plus la VFX. Parfois ce sont les fonds verts ou bleus que l’on trouve dans des studios lorsque les décors sont totalement recréés en post-production ; ne gardant de réel que les mouvements des comédiens. Ces fonds d’incrustation on les retrouve aussi en partie sur des décors naturels. Ils permettent de greffer des éléments à la réalité. Sur les blockbusters modernes ces fonds sont quasiment partout. Mais ils sont aussi sur des métrages où on ne penserait pas qu’ils ont été utilisés. Voici le making of VFX de La forme de l’eau sacré meilleur film aux Oscar cette année. On y voit tout le travail de transformation des décor en post-production et c’est presque effrayant.C’est maintenant devenu possible de faire une image réaliste qu’à partir de très peu d’éléments réels. Les débuts ont été balbutiants, en témoigne la scène de combat de Matrix Reloaded entre Néo et les Smith (2003). Elle est plus aboutie chez Steven Spielberg qui s’attaquait à la technologie de la motion capture pour la réalisation de Les Aventures de Tintin : Le Secret de La Licorne (2011). L’idée est pour lui de créer un univers visuel vraiment à mi-chemin entre l’animation et le film. Ainsi avoir une texture et des couleurs qu’une caméra ne peut pas reproduire. Mais en gardant un degré de réalisme dans la gestuelle des corps et des visages des personnages et ainsi leur donner une véritable palette émotionnelle reconnaissable par le spectateur. On retrouve aussi des effets de lumière (flare) et des orientations lumineuses qui sont le travail de Januzs Kaminski, directeur de la photographie emblématique du metteur en scène depuis les années 90. Apportant donc le réalisme de la narration.Aujourd’hui la création artificielle est devenue invisible à l’œil et on voit des films utilisant des effets sans que l’on s’en rende compte. Voici une numéro de BiTS qui illustre parfaitement le propos.Effectivement dans le film Gravity (Oscars 2014 du Meilleur réalisateur Alfonso Cuarón et de la meilleure photographie pour Emmanuel Lubezki) le mélange parfait entre la prise de vue réelle et l’animation sert à donner l’impression de réalisme, allié à la grande liberté de mouvement. Une logique imparable pour un film se déroulant dans l’espace ou le vide règne. Cette association donne une originalité aux plans comme lorsque la caméra « transperce » la vitre du casque de l’astronaute interprétée par Sandra Bullock, s’affranchissant de la notion d’obstacle en film.Voir la vidéo sur ce lien.L’animation est coûteuse. Mais avec la baisse du prix de l’informatique et avec des équipes et des techniques de plus en plus rodés, il sera sans doute possible de baisser le coût de la création d’images virtuelles. Et l’emploi de ces techniques devraient se répandre et pas qu’aux États-Unis. En France, les films Valérian et la Cité des mille planètes et Santa & Cie ont utilisé beaucoup de ces moyens. Et il est important de noter que les studios et les animateurs français jouissent d’une côte élevée à l’international, offrant énormément de possibilité de travail.

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