prix Pierre Angénieux ExcelLens in Cinematography Honor Cannes

Le prix Pierre Angénieux ExcelLens in Cinematography Honor

Ce n’est pas la plus célèbre des récompenses cannoises, néanmoins le prix Pierre Angénieux ExcelLens in Cinematography Honor mérite que l’on revienne sur lui. C’est une distinction spéciale qui est attribuée à un chef-opérateur, non pas pour un film en compétition au Festival de Cannes, mais pour l’ensemble d’une carrière. Lorsque l’on voit les noms […]
Ce n’est pas la plus célèbre des récompenses cannoises, néanmoins le prix Pierre Angénieux ExcelLens in Cinematography Honor mérite que l’on revienne sur lui. C’est une distinction spéciale qui est attribuée à un chef-opérateur, non pas pour un film en compétition au Festival de Cannes, mais pour l’ensemble d’une carrière.

Lorsque l’on voit les noms au palmarès, il est indéniable qu’il faut être un très grand pour y figurer. C’est un récompense jeune, apparue sur la croisette en 2013 et qui gagnera à être connue.

Une distinction de prestige pour les directeurs de la photographie

C’est à l’initiative de la société fondée par le célèbre inventeur du zoom à compensation mécanique : Pierre Angénieux, que l’on doit la naissance de ce prix. Bien qu’il soit décerné hors compétition, c’est une marque majeure de reconnaissance du travail du chef-opérateur.

Contrairement à d’autres festivals comme celui de Berlin, qui remet un Ours d’argent de la meilleure contribution artistique ou d’autres cérémonies comme les César ou les Oscars, il n’y a pas de remise de prix pour les postes techniques/esthétiques à Cannes. Il est vrai que les paillettes cannoises sont plutôt réservées aux réalisateurs, comédiens et comédiennes, producteurs et scénaristes.

Ce coup de projecteur permet donc de mettre un peu dans la lumière un poste aussi technique qu’artistique. Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes en disait « Angénieux a eu une merveilleuse idée, cette remise est devenue un rendez-vous pour accueillir et honorer un grand chef-opérateur. Petit à petit, ce palmarès dessine une nouvelle carte du monde du cinéma, une nouvelle « Carte des Stars », les stars de la lumière. Le Festival de Cannes est par conséquent heureux de s’associer à ce prix. »

 

Les lauréats du prix Pierre Angénieux ExcelLens

 

Les 5 directeurs de la photographie déjà primés

Pour sa première édition en 2013, il est venu récompenser un chef-opérateur français : Philippe Rousselot ASC, AFC. Une carrière de 48 ans, avec des films comme l’Ours, La reine Margot et plus récemment les Sherlock Holmes de Guy Ritchie ou le dernier volet de la sage Harry Potter : Les Animaux fantastiques. Autant de films que de réponses apportées sur ce que la caméra doit montrer et comment. Un parcours auréolé, entre autres, par 3 César et 1 Oscar.

Vilmos Zsigmont, ASC, HSC lui succède l’année suivante. Rencontre du 3ème type et Voyage au bout de l’enfer, lui vaudront respectivement 1 Oscar et 1 British Academy Film Award. C’est également un directeur de la photographie fétiche pour Brian de Palma. Un artistique qui aime travailler dans les bonnes conditions et n’hésite pas à avoir recours à des procédés audacieux pour créer l’image.

Roger Deakins, ASC, BSC Oscar en 2018 pour son travail sur Blade Runner 2049 et recordman du nombre de nominations pour la statuette américaine avec pas moins de 14 films nommés. C’est surtout un compositeur de l’image à qui l’on doit l’esthétique de 1984, Les Evadés, O’Brother, WALL-E ou Skyfall. C’est un bon manipulateur des procédés argentiques qui a parfaitement géré la transition au numérique.

Peter Suschitzky, ASC a qui l’on doit les images de Star Wars, épisode V : L’Empire contre-attaque, Mars Attacks! et A History of Violence avec son réalisateur fétiche : David Cronenberg. Un directeur de la photographie instinctif qui se laisse guider par le scénario et ses inspirations propres pour faire l’image. Ce qui lui vaudra 4 Genie Awards canadiens.

Christopher Doyle, HKSC, une personnalité atypique qui se retranscrit dans son approche de la photographie à la fois dans le choix des focales, des cadres, de la couleur et de la lumière. Son style marque les œuvres comme In the Mood for love, Hero ou La Jeune fille de l’eau. Bien qu’australien de naissance, c’est à Hong Kong qu’il a passé une grande partie de sa vie et où il a été primé 7 fois.

2018 l’année d’Edward Lachman, ASC… et de Cecile Zhang

Demain ce sera au tour d’Ed Lachman 70 ans de recevoir Le prix Pierre Angénieux ExcelLens in Cinematography Honor. Un américain proche des cinéastes allemands comme Herzog, Fassbinder, Wenders et Schlöndorff. Celui qui était invité au Micro Salon de l’AFC cette année et qui y a animé une master class est reconnu pour son style en composition de cadre, où la lumière naturelle et l’utilisation de la couleur accompagnent le sentiment du personnage. On retrouve une approche comme celle de Christopher Doyle mais avec une pudeur et une distance, qui donnent à observer une histoire, une époque, des détails et des émotions. Sa caméra est souvent statique ou minimaliste dans les mouvements et laisse les acteurs jouer la scène. Néanmoins les raccords sont d’une grande justesse et gardent, même dans les champs contre-champs, le souci du détail. Ce sens du placement apporte une grande richesse visuelle aux films.

On sent également chez Edward Lachman l’importance de filmer le décor dans son ensemble et dans le détail. De garder à l’image les éléments qui renseignent également sur l’époque et les personnages. Une habitude sans doute venue de son travail documentaire. Par exemple les séquences en voiture sont souvent filmées de l’extérieur pour garder la vitre et ses reflets dans le champs ; ainsi les images mouvantes accompagnent le regard du personnage à l’intérieur.

Il parait donc normal que le prix vienne récompenser sa riche carrière.

 

Edward Lachman Ken park film Photo extraite du film Ken Park filmé et co-réalisé par Edward Lachman

La surprise cette année vient de celle se verra aussi remettre une distinction dans la salle Buñuel. C’est la jeune directrice de la photographie Cecile Zhang. C’est la première fois qu’en marge du prix Pierre Angénieux, un jeune talent se voit aussi encouragé pour son travail.

Cecile Zhang, d’origine chinoise, était la seule fille de sa promo à la Beijing Film Academy, qu’elle intègre à l’âge de 17 ans. Mais elle était aussi l’un des élèves les plus doués. Depuis son diplôme, elle a travaillé sur plusieurs fictions, clips, publicités et documentaires. Elle est également membre de l’ICFC (International Collective of Female Cinematographers).

Voici un lien vers son site où vous découvrirez son showreel déjà bien étoffé : http://cecilefilm.lofter.com/

Elle pourra lors d’un de ces prochains tournages avoir à disposition le zoom Angénieux de son choix pour apporter à sa palette de nouvelles images.

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