camera cinema professionnelle Red Epic-W gemini

La caméra Epic-W Gemini est-elle la meilleure construite par RED ?

Cela fait un an et demi que sont sorties les caméras équipées d’un capteur Helium, l’Epic-W et la Scarlet-W. Dans le courant actuel des sorties de caméras, RED a mis ce cette année sur le marché l’Epic-W Gemini qui orne également les nouveaux corps DSMC2. Principal changement et axe de communication, le double ISO natif, […]
Cela fait un an et demi que sont sorties les caméras équipées d’un capteur Helium, l’Epic-W et la Scarlet-W. Dans le courant actuel des sorties de caméras, RED a mis ce cette année sur le marché l’Epic-W Gemini qui orne également les nouveaux corps DSMC2.
Principal changement et axe de communication, le double ISO natif, proposé depuis 3 ans par Panasonic sur la Varicam et repris aussi prochainement par la Blackmagic Pocket 4K.

Mais ce n’est pas la seule différence que la caméra propose. En analysant les données techniques elle laisse présager davantage. Peut-être de quoi donner la plus belle image jamais offerte par RED.

Qu’est-ce que la Gemini a de nouveau ?

C’est le capteur qui change et qui donne son nom à la caméra. Il est conçu pour travailler en basses lumières. Avec des capteurs Helium ou Dragon, Red propose l’OLPF low light pour enrichir les images enregistrées avec un faible éclairement. Il est vrai que le numérique à encore quelques difficultés à égaler l’argentique lorsque l’on filme de nuit par exemple. L’emploi d’objectifs grande ouverture est un des moyens pour pallier le problème. Une autre méthode consiste à monter les ISO de la caméra. Mais cela pose 2 problèmes.

Le 1er et principal, le déplacement de la plage dynamique en défaveur des basses lumières. Secondement la présence du bruit est plus prononcée. Ce sont 2 points que viennent régler le dual ISO natif. La RED Gemini propose un réglage à 800 ISO et un second à 3200 ISO. Tous les 2 ont le même équilibre dynamique entre les hautes et basses luminosités. Ainsi même en ISO élevés les noirs bénéficient d’une bonne souplesse pour être enregistrés. En plus ce changement entraîne une diminution du bruit. Pour cet aspect Red a mis le paquet en démonstration et les images présentées montraient de belles scènes à la bougie ou en extérieur nuit. Et c’est un point sur lequel elle est vraiment performante.  Voici une séquence dont l’image bien étalonnée parle d’elle-même.Une scène nocturne filmée sans ajour de lumière avec le capteur de la Red Gemini

Pour réussir à offrir une bonne dynamique malgré une sensibilité élevée, c’est mieux de baisser le nombre de pixels afin de les agrandir. C’est exactement ce qui se passe avec ce capteur Gemini. Ainsi la RED EPIC-W Helium donne une résolution de 8192 x 4320 sur une surface de 29.90 mm x 15.77 mm proche du 1,85:1 (Diagonale : 33.80 mm). Tandis que la Gemini affiche 5120 × 3000 pixels sur 30.72 mm x 18 mm proche du 16/9ème 1,78:1 (Diagonale : 35.61 mm). Cela donne pour le capteur Helium une taille de photosites de 3,65 microns contre 6,0 microns chez la Gemini soit plus d’1,5 fois plus gros !

C’est une autre nouvelle intéressante qui accompagnait l’annonce de la nouvelle RED. Car enfin la firme américaine changeait fondamentalement sa philosophie de recherche d’une grande résolution au profit de gros photosites comme chez… Arri et ces Alexa. Et on le sait en terme d’image la majeure partie des opérateurs cinéma préfèrent le look Alexa à celui des Epic et Scarlet. Les plus grands carrés qui tapissent le capteur offrent certes moins de définition mais au profit d’une dynamique plus étendue et des contrastes plus jolis dans les basses lumières en plus de mieux gérer le bruit numérique.

Etait-ce alors possible qu’en plus de la double sensibilité RED livre aussi une image aussi qualitative qu’Arri et vienne le concurrencer sur le marché des longs-métrages ? On pouvait l’espérer avec deux réserves néanmoins. Premièrement l’axe de communication de RED qui ne parlait pas de l’image en condition d’éclairage normale mais davantage des 2 réglages de la sensibilité. Secondement son prix : 17 500€, largement inférieur à celui d’une Alexa mais également de sa sœur l’Epic-W en capteur Helium.

Les tests et les retours sur la Red Epic-W Gemini

 Des tests ont commencé à apparaître et permettent de comparer réellement la capacité du capteur Gemini. Voici une vidéo qui la compare avec le capteur Helium et le capteur Gemini ainsi que le capteur Alexa.Un test comparatif entre les capteurs Gemini, Helium, Dragon et Alev III

On voit clairement une différence de teinte entre d’un côté Helium/Dragon/Arri et la Gemini. Cela fait rebondir sur un des aspects qui déplaisait à certains utilisateurs du capteur Helium : la teinte leur paraissait plus verte surtout dans les basses lumières.

Les modèles Mysterium avait très clairement une dominance dans les roses/rouges qui à été changée avec les capteurs Dragon en équilibrant mieux sur les cyan/vert. Encore davantage sur les Helium au point que cela viennent perturber les utilisateurs aujourd’hui.
Avec le capteur Gemini il y a un retour en arrière de ce point de vue là qui ne semble pas être volontaire mais bien une nécessité pour avoir le double ISO natif. C’est un inconvénient qui peut être bien entendu compensé en post-production avec un travail sur l’étalonnage. Autre petite perte logique étant donné les photosites plus gros, la moins bonne définition qui est palpable.

Verdict : est-ce la meilleure caméra RED ?

Comme le laissait présager son prix, elle présente des défauts comme : la teinte rose/rouge et le manque de définition par rapport à l’Helium.
Mais elle offre de beaux contrastes aussi bien à 800 qu’à 3200 Iso et vaut vraiment le coup dans des situations nocturnes sans ajout de lumière. De plus elle ne présente pas de perte de frame rate par rapport à l’Helium. A 5k les 2 modèles vont jusqu’à 96 im/s avec même un avantage pour la Gemini, le crop factor qui reste un super 35 tandis que l’Helium perd de la surface à cette résolution.

C’est en somme un bon modèle pas le meilleure car l’Helium et bien sûr la Monstro restent au-dessus. Mais son tarif en fait le meilleur rapport qualité/prix/polyvalence. Ainsi elle est conseillée pour tout type de tournages avec un véritable avantage pour ceux qui veulent et ont besoin de très basses luminosités. Elle sera également très bien en caméra B jumelée avec une Helium.

Des images de l’Epic-W Gemini en lumière normale au ralenti

Néanmoins il est difficile de savoir ce qui se passe côté sortie caméra surtout en cette période d’emballement voir notre article sur la sortie de l’Alexa LF. Ce qui est sûr, c’est que depuis quelques semaines on voit sur le marché de l’occasion de plus en plus d’Epic-W Helium et de Scarlet-W à vendre. Des caméras qui ont un an à peine et qui coûtent entre 12 000€ et 40 000€ selon l’équipement, laissant présager un changement de matériels sans doute en faveur du capteur Gemini.

Etant donné que l’on voit juste sur les tests la marge de progression de la Gemini, n’est-il pas plus sage d’attendre un petit peu avant d’investir ? A quel moment la firme arrivera en bout de chaîne de sorties pour présenter un modèle suffisamment abouti pour garantir une pérennité d’au moins 3 ans ce qui est un minimum au vu du prix. Impossible de le prédire mais gardons bien en tête que la Gemini version 1 à quelques failles qui peuvent être comblées dans l’avenir.


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